Tous ceux qui ont consommé de l'électricité depuis 2008.
PME, commerces, services publics, commissions scolaires, municipalités,
grandes entreprises, et les 4,2 millions d'abonnés d'Hydro-Quebec! Les formules
existent, n'ayez crainte. Même les consultants d'Hydro-Québec!
DERNIÈRE
HEURE : Hydro dépenserait entre 10 000 $ et 20 000 $ pour répondre à une
question!
Jocelyn B. Allard, président de l’Association québécoise des
consommateurs industriels d’électricité (AQCIE)
Gopinath
Jeyabalaratnam, conseiller aux
affaires économiques et gouvernementales à la Fédération canadienne de
l’entreprise indépendante (FCEI)
Tenter de faire dévier
le débat entourant le projet de loi n° 34 en remettant en question
les intentions et les motivations des associations de consommateurs est mal
venu. Insinuer que plusieurs associations, qui représentent l’ensemble des
consommateurs d’électricité du Québec, soient au service de leur propre intérêt
et non de ceux de leurs membres est un raisonnement qui ne tient tout
simplement pas la route.
C’est néanmoins vraisemblablement
l’argumentaire que l’on semble mettre de l’avant à la lecture des propos
rapportés dans La Presse le 24 septembre. Avant de s’engager sur cette pente glissante,
revenons-en donc aux faits et examinons la raison d’être des associations.
À titre d’exemple, l’Association
québécoise des consommateurs industriels d’électricité (AQCIE) et la Fédération
canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) ont été créées il y a de
nombreuses années dans le but de représenter leurs membres, soient des
entreprises qui génèrent des emplois et qui contribuent à l’économie québécoise.
Afin d’être concurrentielles, ces entreprises membres doivent notamment assurer
une saine gestion de leurs dépenses, dont bien sûr les coûts de l’énergie qui
arrivent parmi leurs principales préoccupations. Nos membres nous ont donc sciemment
choisies afin de notamment défendre leurs intérêts face au monopole naturel
d’Hydro-Québec. Ceci s’explique facilement dans un contexte où les coûts
d’électricité représentent une facture significative pour ceux-ci soit, par
exemple, plus de 60 % des dépenses d’exploitation pour de nombreux industriels
du Québec.
Par ailleurs, il faut
mettre en contexte les coûts de surveillance d’Hydro-Québec par la Régie de
l’énergie, qui ont été soulevés dans l’article. Rappelons qu’Hydro-Québec vient
chercher 12,3 milliards de dollars dans les poches des consommateurs
chaque année; ces coûts de surveillance représentent donc une facture de moins
d’un dixième d’un pour cent (moins de 0,01 %) en comparaison des revenus
d’Hydro-Québec.
Remettons également
les pendules à l’heure à ce qui a trait aux frais des associations comme il en
est question dans l’article. Ces derniers représentent une somme inférieure à 1,7
million de dollars selon les données publiques de la Régie de l’énergie et non
de trois millions de dollars comme le mentionne l’article. Poussons l’exercice
un peu plus loin : en fait, chaque dollar investi dans les frais associés aux
intervenants a fait économiser 50 dollars aux consommateurs d’électricité
québécois. Un excellent retour sur l’investissement pour les consommateurs d’électricité
soit dit en passant!
Quant aux 15 à 20
millions de dollars dépensés par Hydro-Québec pour répondre aux questions des
intervenants, qui tiennent généralement en un paragraphe, cela équivaut à un
montant oscillant entre 10 000 et 20 000 dollars par question.
Hydro-Québec aurait tout intérêt à s’interroger quant à son efficience en
regardant ces chiffres…
En somme, il est malheureux
de tenter de faire diversion en mettant de l’avant des informations incomplètes
et trompeuses. Débattons donc des vrais enjeux avec des faits exacts. Car rappelons-le
à nouveau : chaque dollar investi en surveillance d’Hydro rapporterait cinquante
fois plus aux consommateurs d’électricité québécois.